L'art du katana

L'art du katana

Les armes japonaises sont très connues dans le monde entier. Emblématiques, elles ne sont pas seulement appréciées par les spécialistes de la culture et l’histoire du Japon, mais également de toute une génération élevée aux films d'arts martiaux, de ninja, aux mangas... Ainsi, de nombreuses armes sont devenues iconiques, tel le shuriken, la fameuse étoile ninja, l'impressionnant nunchaku, et, surtout le katana.

 

  • Histoire du Katana

 

Le katana a un passé très étoffé. On pourrait écrire un livre, tant son aboutissement est lié à la découverte des techniques, des époques, aux guerres, aux temps de paix, au commerce. C'est une histoire  qui remonte à l'an 300 AV. J.C.

À cette époque sont apparues les premières armes, que ce soit des épées ou des sabres, grâce aux techniques de forge venues de Chine.

 

Malheureusement, les forgerons maîtrisaient mal ces techniques.

 

Ce n'est qu'à partir de l'ère Heian (73461185), période d’avènement des arts, jusqu'à l'ère Muromachi (1336-1573), que de très beaux sabres japonais, dont les ancêtres du katana, ont commencé à faire leur apparition. Sous le nom de Koto, les sabres vont évoluer, au fur et à mesure des demandes commerciales, des guerres, etc. Les lames vont s'allonger, se courber, mais leur esthétique, fierté des forgerons, va en pâtir.

 

De 1573 à 1603 (ère Azuchi Momoyama), la commercialisation est telle que les sabres vont être produits en masse. De routes commerciales vont même jusqu'à être créées spécialement pour répondre aux commandes et importer des matières premières.

Mais, malgré les progrès en forge, la qualité des minerais, les armes restent toujours d'une qualité décevante.

Les sabres de cette époque sont appelés Shinto (nouveau sabre).

 

Après la guerre civile (guerre d'Onin), et la fin de la production de masse, les anciennes techniques, plus fiables, sont petit à petit redécouvertes. De plus, les progrès de la forge, ainsi que la qualité des matériaux, donnent naissance à des sabres d'une grande valeur.

 

Avec l'air Edo, vient l'envie de produire des sabres esthétiques, à l'image de leurs ancêtres.

Au fur et à mesure des époques, de l'évolution de la forge, des techniques nouvelles et inspirées de l'ancienne école, le katana se profile de plus en plus, pour devenir celui que l'on connaît.

 

Sa qualité variera beaucoup, notamment à la Seconde Guerre mondiale, où, là encore , il fut médiocre.

Mais les maîtres ne se sont pas laissés décourager, et ont continué à faire perdurer la tradition tout en améliorant constamment le fameux sabre des samouraïs.

 

Le katana a porté un grand nombre de noms durant ses transformations. Shinto, Gunto, Gendaito.. Tous désignent le sabre, selon ses époques, ses qualités, son esthétique.

Le katana
  • La fabrication traditionnelle du katana

 

Toute la difficulté des forgerons, en plus de discipliner leur art, était, avec le katana, de trouver un compromis entre le tranchant de la lame, et la solidité. Ce ne fut pas une tâche facile. En effet, plus la lame est dure, donc tranchante, plus elle se casse. Il aura fallu tout le talent et l'ingéniosité des artisans pour arriver à un résultat frôlant la perfection. Alliant acier dur et acier souple, l'équilibre  doit être parfaitement maîtrisé.

Pour plus de simplicité, on parlera ici de la fabrication sans tout le dialecte spécifique.

 

La première étape de la fabrication d'un katana artisanal est la forge : On commence par enlever les impuretés de l'acier dur, puis on lui donne la forme d'un U, qui accueillera, au milieu, un acier souple. Ce lingot sera ensuite travaillé plusieurs fois, plié et replié, jusqu'à avoir de nombreuses couches très fines, visibles après polissage. Au fur et à mesure, après un nombre de couches satisfaisant, le forgeron va lui donner  la forme voulue, soit, ici, celle d'une épée (la courbure viendra plus tard). C'est un travail délicat, car le martelage ne doit pas casser l'acier, et il ne faut pas non plus désolidariser les deux aciers. C'est ici que seront formées la soie et la pointe biseautée que nous connaissons.

 

Ensuite, vient la délicate étape de la trempe. C'est maintenant que le talent du forgeron va faire toute la différence.

La trempe va servir à durcir l'acier, en empêchant les atomes de fer de pousser les atomes de carbone sur les côtés. Pour cela, il faut que le trempe soit rapide.

Avant de passer aux choses sérieuses, le forgeron va appliquer sur la lame des couches d'argile, d'une épaisseur variable. Le but de l'opération est simple : le katana doit avoir une lame tranchante, donc dure. Malheureusement, qui dit acier dur, dit acier cassant. Pour lui faire garder sa souplesse, on va donc protéger une partie de la lame, afin que les atomes de fer et de carbone s'alignent comme il faut. Plus on s'éloigne du tranchant, plus les couches seront épaisses. Ainsi, on aurait une lame acérée, mais qui ne cassera pas facilement.

L'application de l'argile va également faire apparaître une ligne, un dessin, que l'on nomme Hamon. Cette ligne correspond à l’alignement des atomes de l'acier. Chaque forgeron dessine sa propre ligne. Tout comme le martelage, cela sera une signature du maître.

La lame sera ensuite chauffée à 800 degrés, puis trempée rapidement. C'est ici que l'on va observer un autre phénomène : la courbure si caractéristique du katana.

 

Vient ensuite la dernière étape : le polissage, qui va donner toute sa splendeur à l'arme. Pour se faire, des pierres aux gros grains vont être passées sur la lame, puis au fur et à mesure, les grains vont diminuer, pour passer à du simple papier aux grains fins.

 

Notez que cette façon de faire artisanale ne nécessite pas l'emploi de machine moderne, même pas d'un thermomètre. Tout le savoir-faire du forgeron se fait à l’œil et au ressenti.

 

Bien entendu, de nos jours, vous trouverez des katanas fabriqués de manière plus industrielle. Mais ils restent néanmoins de très bonne qualité, surtout pour nos usages occidentaux.

 

  • La composition d'un katana

 

Pour nous, un katana, c'est un sabre, avec un manche, une garde, et une lame. Pour un spécialiste, c'est bien plus que ça. En effet, la culture japonaise est particulière, et peut échapper aux Occidentaux.

Le katana se divise en trois parties principales, qui elles-mêmes, comportent plusieurs autres parties.

 

Ces trois premières parties sont :

 

– Tsuka, qui correspond à la poignée du katana.

– Nagasa : qui, elle, correspond à la lame.

– Saya, qui est le fourreau.

 

Pour donner un exemple de la complexité du katana, voici comment se compose la tsuka :

 

La poignée, donc tsuka, est divisée en sept parties, qui correspondent au laçage, au nœud terminant le laçage, à la garniture en dessous de celui-ci, à l'embout de la poignée, et au capuchon qui renforce celui-ci, à la cheville qui assemble la soie dans la poignée, et à la collerette décorée.

 

Comme vous pouvez le voir, chaque détail compte, et tous ont leur importance dans la conception et l'esthétique du katana.

Il en ira de même pour la lame, la garde, ainsi que pour le fourreau.

 

  • Un katana, pour quoi faire ?

 

Le katana, en occident, n'a pas vraiment le même impact que chez les Japonais. Néanmoins, celui-ci est à la mode est bon nombre de personnes en ont chez eux. Mais a-t-il une réelle utilité ?

La réponse est oui. Il  a même trois fonctions, à la fois distinctes, mais qui s'entremêlent :

 

– Les arts martiaux. Eh, oui, qui dit katana, dit Japon, et dit art martial. En France, ces sports sont très populaires, pour plusieurs raisons. Ils apprennent le self-contrôle, à se défendre, à maîtriser son adversaire, et à se maîtriser soi-même. Une vraie philosophie et une grande sagesse se dégagent de ces disciplines, contribuant sans aucun doute à leur succès. Les arts martiaux qui usent du katana sont assez nombreux. Parmi eux, on peut noter le Kendo, le kenjutsu,le Iaïdo... On commence l'apprentissage du katana avec des sabres en bois, que l'on nomme des bokken, avant de passer aux choses sérieuses.

– La défense. Oui, on peut se défendre avec un katana en cas d'agression. Et non, ce n'est pas très légal de se promener avec dans les rues dans ce but. Ni très discret. Donc, si vous ne voulez pas avoir de problème avec les forces de l'ordre, mieux vaut réserver le katana pour la défense de votre domicile, et privilégier d'autres armes pour vos sorties.

– La décoration. Cela peut sembler absurde pour beaucoup, mais, contrairement à ce que l'on peut penser, le katana est bel et bien une arme d'apparat. En temps de paix, au japon, il trônait chez les gens, fièrement posé sur son socle. Il n'est donc pas complètement illogique de vouloir un katana uniquement pour l'exposer. Toutes les armes ont leur version décorative, tout simplement parce qu'il y a des passionnés et des collectionneurs. De plus, le katana jouit d'une aura spéciale, et est très présent dans la pop culture, que ce soit dans les films, jeux vidéo et mangas. Ceux qui ont baigné dedans ont donc une affection toute particulière pour cette arme.

 

Le katana peut remplir ces trois fonctions indépendamment l'une de l'autre, mais peuvent être complémentaire. Un katana pour les arts martiaux sert de décoration une fois sa tâche accomplie, et peut aussi être utile en cas d'infraction de domicile.

Notez que le katana ne se pose pas n'importe comment sur son socle. La poignée doit être du côté gauche. Au japon, c'est ainsi qu'il est exposé en temps de paix. Mais, en cas de guerre, la tsuka est tournée du côté droit, afin de pouvoir le sortir plus rapidement. Selon l'usage que vous voulez en faire, son positionnement est important, et en dit long.

 

  • Choisir son katana

 

Un katana se choisit avec soin. Selon l'usage que vous en faites, il faut parfois être plus sélectif. Si votre katana vous sert uniquement à orner votre intérieur, vous pouvez être plus souple, sans pour autant passer outre les critères qui définissent un katana. Ces critères, les voici :

 

– La lame doit être courbée, la pointe biseautée. Le katana est et sera toujours une arme de taille est d'estoc.

– La lame doit respecter une longueur minimum de 60 cm. Vous trouverez souvent des katana d'une longueur de 70 cm, qui est celle standard, donc la plus courante.

– La poignée doit faire deux à trois fois votre main.

– Le katana doit posséder un garde-main.

Sans ses caractéristiques, ça ne sera pas un vrai katana, soyez donc vigilant.

 

Les matériaux choisis ont eux aussi leur importance. En Europe, vous trouverez essentiellement de l'acier inoxydable. Cet acier permet d'avoir un katana esthétique, tranchant, solide et de bonne qualité. Pour un katana original, les aciers sont plus complexes et le prix beaucoup plus élevé.

Vous trouverez également des katana damassés, pour, là aussi, un prix élevé.

Mais sachez que pour l'utilisation que vous en ferez (soit, au maximum, des arts martiaux et de la défense), un katana en acier inoxydable suffit amplement et saura vous satisfaire.

 

D'autres critères sont à prendre en compte pour bien choisir votre katana. Tout d'abord, l'esthétique. Elle est propre à chacun, mais un katana doit être objectivement beau, avec une lame lisse et brillante.

La poignée du katana doit bien entendu, comme pour toutes les armes tranchantes, être antidérapante. Au vu de la longueur de la lame, ce point est primordial.

Prise en main toujours. Le manche doit être ergonomique et confortable, surtout si vous pratiquez un art martial.

La lame quant à elle, doit être très tranchante, sauf s'il ne vous sert que de décoration. Dans ce cas, on peut accepter un tranchant moins prononcé. Le tout doit être solide, avec un garde-main bien soudé.

Quant au poids, qui revêt son importance, il ne doit pas être excessif, afin de travailler avec aisance et souplesse.

 

 

Le katana est une arme plaisir. Les amateurs, qu'ils s'en servent ou pas, sont particulièrement intéressés par elle, car elle représente toute une culture, qu'elle est le symbole des samouraïs et de la philosophie nippone. Un Katana est souvent acheté pour se faire plaisir ou pour offrir. Ainsi, vous trouverez très facilement des katanas de bonne qualité, particulièrement esthétiques, destinés à faire plaisir. Souvent livré avec son socle et son fourreau, il sera la pièce maîtresse de votre intérieur.

Le katana

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