La bombe lacrymogène pour se défendre

La bombe lacrymogène pour se défendre

La bombe lacrymogène est un système de défense très connu, dans tous les milieux. En cause, sa simplicité d'utilisation, son efficacité, et son innocuité.

Enfin, pas tout à fait. Si elle n'est pas létale, elle provoque tout de même des désagréments passagers chez ceux qui reçoivent du gaz au niveau du visage. Néanmoins, les effets se dissipent, ne  laissent pas de séquelle, ce qui en fait une arme inoffensive, mais qui permet, tout de même, de se sortir d'une agression.

 

  • Histoire de la bombe lacrymogène

 

La bombe lacrymogène fait partie des armes chimiques. Tout au long de l'histoire, et à travers le monde, des poisons, des gaz, de la fumée, ont été utilisés dans les conflits. Après la Première Guerre  mondiale, des recherches ont été effectuées afin de trouver l'arme chimique qui permettrait de remporter des batailles.

 

En France, c'est la conquête de l'Algérie qui va révéler ce genre de tactique, avec les fameux enfumages, qui vont tuer des centaines de personnes. Bien qu'impopulaires, ces méthodes firent l'objet de nombreuses recherches.

Toujours en France, c'est au début des années 1900, à la belle époque, que les prémices de la bombe lacrymogène actuelle apparaissent. Les anarchistes se font de plus en plus nombreux, emploient des méthodes innovantes, et la police est très vite dépassée en termes de moyens techniques. Par exemple, les malfrats et terroristes se servent déjà de voitures, alors que les forces de l'ordre se déplacent encore à vélo...

Lors de braquages, ils ont toujours un train de retard face à des bandits toujours mieux équipés qu'eux.

 

C'est la Bande à Bonnot qui va d'ailleurs être la plus astucieuse et la mieux armée.

 

C'est pourquoi, en 1912, le 26 mai, le préfet de police Louis Lépine décide de créer  une commission pour réfléchir à des solutions. Dans cette commission, de nombreuses personnalités vont contribuer à l'élaboration de moyens permettant de lutter contre la criminalité, les bandits barricadés, les émeutiers... Parmi eux, on peut noter la présence du directeur ainsi que du chef du laboratoire municipal de Paris,  de différents membres venant de l'Institut Pasteur, et de membres de la Section technique du génie, comme Monsieur Delacroix.

 

C'est avec cette commission que sera émise l'idée d'utiliser l'étherbromacétique (ou bromacétate d'éthyle). Ce composé chimique particulièrement irritant, est connu depuis 1850. De nos jours, on emploie d'autres composés, dont nous parlerons plus bas.

 

C'est donc en 1913 que ce gaz fut pour la première fois testé par la préfecture de police, mais c'est en septembre de la même année qu'il va démontrer ses capacités sur le terrain. Et on peut dire que ce fut un succès.

 

Depuis, ces composés chimiques sont utilisés par les forces de l'ordre, sous forme, généralement, de grenades. Elles servent lors des émeutes, afin de disperser la foule, mais aussi contre les bandits qui sont barricadés.

 

Le gaz lacrymogène fut également utilisé sous forme de grenade ou cartouche, contre l'armée allemande en 1914.

Par la suite, au fil des années, ce gaz se fait connaître et est utilisé partout dans le monde, notamment pour les émeutes et manifestations.

 

Notons que le terme lacrymogène, qui veut dire engendre des larmes, n'est apparu qu'à partir de 1915.

La bombe lacrymogène
  • Les effets du gaz lacrymogène

 

Le gaz lacrymogène, ainsi que le gaz au poivre, ont des effets nombreux, causant une incapacité à respirer correctement, à voir... En somme, on est neutralisé, le temps que les effets se dissipent. Et ces effets sont plutôt désagréables. Ils causent :

 

– Des irritations des yeux et des voies lacrymales (ce qui fait pleurer).

– Des irritations de la sphère ORL, et des voies respiratoires.

– Des nausées, des vomissements.

– Des sensations de brûlure.

– Des douleurs thoraciques.

– Des dermatites et allergies.

 

Avec tout ça, rares sont les personnes qui peuvent encore bouger, sauf, peut-être, les manifestants, qui apprennent des techniques pour diminuer les impacts.

 

Bien entendu, ces effets ne sont pas mortels, mais le gaz, utilisé à des doses trop importantes,  peut occasionner des dommages plus importants, comme des nécroses, des brûlures au second degré et des hémorragies internes. Mais pas d'inquiétude, les bombes vendues ont des dosages réglementés, afin que ce genre de problème ne survienne pas.

 

  • Bombes OC, bombes CN, CS ?

 

Derrière ces dénominations un peu barbares et mystérieuses qui peuvent désarçonner le grand public, il y a des spécificités :

 

– Les bombes CN ou CS : ce sont les bombes lacrymogènes les plus connues, celles qui sont appelées bombe au gaz (ce qui est faux, en réalité, le produit est en suspension dans un liquide aspergé). Elles sont composées de chloroacétophénone (CN) ou de chlorobenzylidène malonitrile (CS). Ce sont ces composants qui ont remplacé l'étherbromacétique des débuts.

– Une bombe OC : c'est la fameuse bombe au poivre, composée d'agents irritants issus des piments. Ils peuvent être naturels ou de synthèse. Le plus connu est la capsaïcine, elle-même issue du piment.

 

Pour simplifier les choses, nous parlerons ici des bombes sous cette forme : bombe au poivre (OC) ou  bombes classiques (CN/CS).

 

  • Quelle bombe lacrymogène choisir ?

 

Nous entrons dans le vif du sujet, ce qui va vous permettre de choisir LA bombe dont vous avez besoin. Ou les bombes, pourquoi pas.

 

Il faut savoir que chaque format, et chaque composant ont leurs avantages et inconvénients propres. C'est pourquoi, en fonction de votre mode de vie, de l'endroit où vous êtes susceptibles de vous en  servir (chez vous, lors de sorties) , certains choix sont plus judicieux. Attention, toutes sont efficaces,  mais il vaut mieux, parfois, utiliser une bombe au poivre (OC) qu'une bombe classique (CS/CN).

 

  • Bombe au poivre (OC) ou bombe classique (CS/CN) ?

 

Les deux sont aussi performantes l'une que l'autre. Irritantes et neutralisantes, vous aurez, quel que soit votre choix, avec vous de quoi vous défendre efficacement.

La grande différence entre les deux réside en leur utilité selon la situation.

En effet, la bombe au poivre est très irritante pour les voies respiratoires et peut provoquer une cécité temporaire et de la confusion.

Elle est donc redoutable sur les agresseurs drogués et /ou alcoolisés.

De plus, elle est un peu plus efficace sur les animaux, ceux-ci étant plus sensibles au composant.

En somme, si vous devez fréquentez, régulièrement, des endroits où il y a des animaux agressifs, ou bien des coins où les toxicomanes se rassemblent, il faut peut-être opter pour la bombe au poivre (OC). Dans les autres  cas, une bombe classique (CS/CN) est suffisante, en plus d'être tolérée par la loi.

 

  • Bombe gaz ou bombe gel ?

 

C'est le point le plus important. Si les bombes lacrymogènes classiques (CS/CN) sont toutes sous forme de gaz, les bombes au poivre (OC), peuvent, elles, avoir deux formes différentes, le gaz, ou le gel.

 

Et votre choix aura son importance, voyez plutôt :

 

La bombe gaz est utilisable facilement, par n'importe qui. En effet, il suffit de l'enclencher vers l'agresseur pour que le gaz sorte. Il n'est pas nécessaire de bien viser, ce qui est vital si on panique, et on sait que les agressions peuvent engendrer des réactions d’affolement, surtout si on n'est pas préparé (en suivant des cours de self défense, par exemple). De plus, toujours sans viser, les bombes au gaz peuvent toucher plusieurs personnes, d'un seul mouvement ample. Par contre, elle est inutilisable en cas de vent. En effet, un vent peut renvoyer le produit sur vous, et vous neutraliser, ce qui n'est pas le but recherché. Alors, à moins de réussir à aller dans le sens du vent, vous ne pourrez pas vous en servir dans ce cas de figure. De même, dans des endroits clos de moins de 50 mètres carrés, vous risquez vous aussi d'être contaminé.

La bombe au gel elle, diffuse un gel qui va se liquéfier au contact des muqueuses et de la peau. Très efficace, plus l’agresseur va frotter, plus le liquide va se rependre. Le gel, même à l'intérieur et en cas de vent, ne sera pas un problème, il n'y pas de risque que vous soyez touché. Son défaut principal est qu'il faut viser, donc rester calme, ce qui n'est pas à la portée de tout le monde. Il est très difficile de savoir comment on va réagir dans cette situation. De plus, s'il y a plusieurs agresseurs, il faudra viser le visage pour chacun.

 

  • Pourquoi choisir une bombe lacrymogène comme moyen de défense ?

 

Si la bombe lacrymogène est si populaire, c'est parce qu'elle est très puissante, facile d'utilisation et à portée de tous, même pour un ado.

D'ailleurs ce n'est pas pour rien que les forces de l'ordre l'utilisent, même si leur version à eux est en forme de grenade pour la plupart du temps.

Nous savons que nous vivons dans un monde et une société où les tensions sont de plus en plus vives. Les délits et crimes sont en hausse, à cause de divers paramètres (précarité, drogue, alcool, difficulté d’intégration).

Sortir, même pour se promener, rentrer du travail un peu tard, ou aller courir, ne sont plus synonyme de sécurité. On est constamment  susceptible de se faire agresser, parfois, pour des broutilles (une cigarette, quelques euros, ou même un regard).

 

Les femmes sont particulièrement touchées. Pourquoi ? Et bien, la raison est simple : elles sont, ou ont l'air, plus vulnérables. Il sera donc plus facile de voler une carte bancaire à une femme qui sort de son travail qu'à un homme baraqué. De plus, les femmes sont plus souvent victimes d'agressions sexuelles (bien que les hommes peuvent eux aussi subir un viol, il faut en être conscient). Les jeunes adultes, adolescents, personnes âgées et personnes handicapées sont également plus susceptibles d'être les cibles des voyous.

 

Les hommes ne sont pas en reste. Si les mobiles sont souvent les mêmes, l'envie d'en découdre pour montrer qui est le plus fort motive encore un peu plus les agresseurs, en particulier s'ils sont en groupe.

 

La bombe lacrymogène s'impose donc d'elle-même comme le moyen de défense le plus accessible, le plus simple, et le plus efficace.

À portée de toutes les bourses, pouvant être utilisée par un profane en matière de défense, efficace contre les agresseurs humains, mais aussi contre les animaux agressifs, il est vrai qu'elle a tout pour plaire.

 

Si vous hésitez entre plusieurs armes de défense, que vous avez peur de ne pas savoir vous servir de tel ou tel système, allez au plus simple. Une arme de défense n'est utile que lorsqu'on la maîtrise, sinon, elle ne sert à rien, et peut même devenir dangereuse si elle est retournée contre vous.

Vous serez bien plus en sécurité avec une bombe lacrymogène dont vous saurez vous servir, qu'avec un couteau facile à désarmer.

 

  • Le décontaminant

 

Un décontaminant servira à calmer les brûlures et irritations dues à la bombe lacrymogène. En effet, et même si vous n'avez pas vous-même de bombe avec vous, il est toujours utile d'avoir de quoi stopper les effets des gaz ou gels. Pourquoi ?

Et bien, si vous allez à une manifestation, par exemple, vous serez certainement ravi d'en avoir (même si en général, les organisateurs donnent des astuces pour minimiser les effets).

Parce que, des fois, et malgré la sécurité sur la bombe, on est tout simplement maladroit.

Vous pouvez être également contaminé, car quelqu’un l'a utilisé et que vous avez été touché (dans une pièce fermée ou à cause du vent), ou bien aspergé par une personne mal intentionnée.

Donc, toujours une bouteille de décontaminant avec soi, ça ne prend pas de place.

 

  • La bombe lacrymogène et la loi

 

La loi, en ce qui concerne les armes de défense, est très complexe et bien difficile à déchiffrer pour le grand public.

 

Les bombes lacrymogènes ne font pas exception à la règle, c'est pourquoi nous allons voir de quoi il en retourne les concernant.

 

– Sachez que les bombes lacrymogènes de moins de 100 ml, à base de CS, concentrées à moins de 2% et dont le débit de valve est inférieur à 60g/seconde (pour une température de 20 degrés), ne sont pas classées armes de catégorie 6, donc, libre à la vente, au port, et au transport. Gardez l'emballage, la facture ou autre vous permettant de prouver qu'elles répondent aux critères si ce n'est spécifié directement sur la bombe.

– Toutes les autres bombes, au poivre, d'une plus grande contenance, et qui ne répondent pas aux critères ci-dessus, sont autorisées à la vente et à la détention. Mais vous n'avez, en théorie, pas le droit de vous promener avec. Elles restent un moyen de défense, mais chez vous.

 

En pratique, sachez que vous ne risquez pas grand-chose. Les forces de l'ordre sont en général assez compréhensives avec ce type d'arme de défense, surtout pour les femmes et les personnes handicapées. Par contre, vous risquez d'avoir des problèmes si vous avez l'air louche, que vous allez avec dans un lieu public, une manifestation, un concert, en somme, tous les lieux où il y a des rassemblements.

 

En conclusion, si vous craignez les agressions, que vous vous ne sentez pas en sécurité, que vous devez rentrer tard la nuit ou le soir, que vous ne savez pas vous défendre, optez pour la bombe lacrymogène, qui reste une des meilleures options, et ce, même si la loi peut paraître sévère. Il en va de votre sécurité, et, peut-être, de votre vie.

La bombe lacrymogène

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